BIHAR : un projet tissé au fil des années

Bien que le projet BIHAR ait été conçu en se tournant vers l’avenir, il est essentiel de regarder en arrière et de reconnaître l’expérience ainsi que les apprentissages accumulés au fil du temps. Il s’agit en effet d’un projet construit pas à pas durant plusieurs années, dont l’un des jalons les plus importants a été posé durant les cours d’été organisé en juillet 2023.

Intitulé « Langues minorisées dans le contexte de la mondialisation : pourquoi ? pour quoi faire ? », ce cours a abordé une question centrale : comment faire face à la disparition des langues minorisées dans un monde de plus en plus globalisé ? À partir de cette réflexion, l’objectif était de développer un discours plus large et plus solide en faveur de l’euskara et des autres langues minorisées, en croisant des perspectives locales et internationales. Les participants ont ainsi pu analyser les clés de la revitalisation linguistique, en s’appuyant sur des expériences du Pays basque et d’autres régions du monde.

Les connaissances et les débats issus du cours ont été rassemblés par Xan Aire Hasket dans un article publié dans le numéro 129 de la revue BAT : « Hizkuntza gutxituak globalizazio testuinguruan: kontakizunak biziberritzeko izpia ». Ce texte donne la parole à des communautés linguistiques du monde entier, à partir des contributions d’experts venus d’Amérique, d’Afrique et d’Europe.

L’article montre que la situation des langues minorisées n’est pas un phénomène isolé, mais un défi partagé. Sous l’effet de la mondialisation, de nombreuses communautés font face à des difficultés similaires : perte de locuteurs, réduction des espaces d’usage et incertitudes quant à l’avenir. Cependant, à côté de ce constat préoccupant, un fil d’espoir apparaît.

En effet, les participants au cours ne se sont pas contentés de partager un diagnostic, ils ont aussi imaginé une utopie commune pour l’avenir. Ils ont souligné l’importance de penser la revitalisation des langues dans une dimension sociale, en plaçant la communauté au centre et en renforçant les réseaux de collaboration. Ainsi, le projet BIHAR, nourri par les apprentissages du passé, continue de tracer un chemin solide vers l’avenir.